Jours 11-12 : Skaftafell (17-18 août)
Farniente
Skaftafell, les 17 et 18 août 2010
- ~ 12km
- D+ 1200/ D- 1200
Au réveil, temps splendide. Conséquence immédiate : nous accouchons du plan Z’ au petit déjeuner. Plan Z’ : nous allons booker un tour sur le glacier puis le lagon de Jökulsárlón ensuite, et ascension de Kristinartindar demain et retour à Eldgja après demain pour reprendre la suite amputée de notre itinéraire initial.
Évidemment, quand le plan est limpide et que tout le monde est ok, l y a un couac de dernière minute : il n’y a plus de place pour le tour. Qu’à cela ne tienne, plan Z" : nous inversons, Kristinartindar aujourd’hui et glacier + Jökulsárlón demain. Admirez tout de même la souplesse de l’organisation et le sens extrême de la débrouille. Inverser les deux jours, il fallait y penser quand même. Ah, cette force de caractère qui nous anime devant l’imprévu !
Nous partons donc le sac léger (enfin, on a refilé le petit sac à Ben) vers Sel, une ancienne ferme typique rénovée, que j’ai le plus grand mal à prendre en photo sans touristes. Puis direction Svartifoss, la star du parc, une cascade qui se jette du haut de colonnes basaltiques noires.
Vous vous souvenez peut être du jour 2, ou un groupe d’anglais se baffrait de crème anglaise pendant que nous essayions de dormir. Il y avait une « Mary ». Philippe, a vraiment une mémoire des visages incroyable la reconnait.
Me :« Are you Mary ? »
Elle (surprise) : « Yes ?! »
On discute le bout de gras avec elle quelques minutes. Son trek est fini, le groupe s’est dispersé mais elle continue de profiter de l’Islande et se balade maintenant en solo. Elle n’est plus très jeune, probablement dans les 75, mais elle a vraiment la pêche et visiblement quelques milliers de kilomètres dans les mollets. C’est drôle de la retrouver ici, mais le flair de limier de Philippe nous aura fait vivre des scènes de retrouvailles à plusieurs reprises.
Nous pique niquons sur un plateau dominant le Morsarjökull, une langue glaciaire à l’ouest de Kristinartindar. Le bruit des séracs largués par le Vatnajökull sur la langue glaciaire en contrebas ponctue notre repas de « braoum » retentissants.
La montée vers le col précédant le sommet est rude, et une fois là-bas, pas de chance, le sommet est dans les nuages. Nous redescendons donc l’autre coté du col, au dessus d’une autre langue glaciaire Skaftafellsjökull. Evidemment, après 1/2 heure de descente, le sommet est super dégagé…
Quelques panoramiques (grosses images, chargement long ! Vous pouvez zoomer (molette) et vous déplacer dans l’image) :
- Skaftafellsjökull
- Skaftafellsjökull
- Skaftafellsjökull
Pendant la descente, nous croisons une partie du groupe qui avait proposé de nous emmener la veille, puis une autre partie attablée au bar.
Je me rends compte, en passant dans les « bois » de Skaftafell, que je sens un odeur (en dehors de la mienne, tenace) pour la première fois depuis les fumerolles de Hraftinnusker. Ici, ça ne sent rien. Ni pollution, ni végétation. On ne sent rien. Le nez est en stand-by. L’odorat est presque inutile ici.
Malgré l’absence de sac , je suis un peu raide en arrivant. Les deux ampoules découvertes la veille se font sentir. Une a éclaté, et je passe un une aiguille et un fil dans l’autre pour qu’elle « s’égoutte » tranquillement.
Nous n’avons plus de crédits sur la carte prépayée, du coup, Ben achète 1 heure d’Internet et nous envoyons quelques emails pour donner des nouvelles.
Je pars en stop pour aller chercher un peu de ravitaillement à la station service, 5 km à l’est de Skaftafell. Je n’ai pas particulièrement envie de les faire à pied sur la route n°1. Un couple d’allemand pour l’aller, et suisse pour le retour, après avoir quand même avancé d’1km. C’est la route principale d’Islande, mais le trafic est encore plus faible que sur une départementale entre deux villages des monts du lyonnais.
Dans la boutique, c’est le desert complet. Rien de bien intéressant à se mettre sous la dent. Que des biscuits et des sucreries. Les Islandais filent un mauvais coton… Je prends quelques pommes, histoire de manger du frais. Raté, je les oublie sur le comptoir en repartant…
Du coup pour le repas, ça sera Pringles, fromage frais au paprika et pain pour Philippe et moi pendant que Ben lui s’éclate avec une assiette de saumon et une soupe à l’agneau.
Retour à la tente. Zzzzzz…
Le lendemain, lever 7 heures. Direction la « hutte » de « Glacier Guides ». Deux français travaillent sur place, dont notre guide du jour. On essaye les crampons, on prend le piolet et le baudrier et on monte dans l’énorme bus jaune qu’ils ont acheté à une société de transport scolaire aux Etats-Unis.
Un alarme sonne à cause d’une porte mal fermée. Impossible de trouver la porte en question. On effectue un arrêt technique pour changer de véhicule, pour rejoindre ensuite le glacier.
On chausse les crampons, et en route pour la balade, sous les séracs inquiétants, et dans les bruits de leurs congénères qui s’effondrent plus haut.
On croise des moulins, des crevasses, et… des souris de glacier. Ces petites bêtes sont en fait des pierres qui, posée sur le glacier, vont protéger la glace en dessous du rayonnement solaire, et donc de la fonte. Pendant qu’elles se font dorer au soleil, la mousse s’invite au farniente et commence à recouvrir la pierre. La glace fondant, la pierre se retrouve sur un promontoire de glace, facilitant l’invasion de la mousse. Mais au bout de quelques temps, le promontoire devient trop petit et la pierre va rouler, et si dans sa chute elle se retourne, l’autre face va à son tour être envahie de mousse (d’où l’ineptie du proverbe; la pierre qui roule amasse bien de la mousse).
On se retrouve à la fin de tout ces évènements dramatiques avec une pierre totalement recouverte d’une toison moussue du plus bel effet : la souris de glacier est née.
Le retour vers le bus, après 4 heures de balade, se fait sous la pluie.
Direction la lagune glaciaire de Jökulsárlón (traduction : lagune glaciaire). La visite se fait dans une espèce de bateau amphibie, qui charge les touristes par paquets de 40 à terre et va naviguer dans la lagune. Le froid est glacial, la pluie fine et pénétrante. Je suis congelé. Le temps est pourri, la vue pas terrible. Bref, le meilleur moment de Jökulsárlón c’est le cappuccino chaud dans la guinguette. On croisera un phoque sur le retour, malgré la conduite michaelschumaersque du chauffeur de bus sur une route n°1 qui me parait de plus en plus étroite.
A Skaftafell, nous prenons connaissance du bulletin météo des jours à venir. Ça s’annonce pas terrible, mais pas trop de pluie. On a peut être commis une erreur en décalant les étapes, mais bon, peu importe, nous devions venir ici de toutes façons.
17h, je m’aligne dans les starting blocks pour faire une lessive. Largement plus de 200 tentes, 1 lave linge. 1 sèche linge. La désorganisation est totale. Certains sèchent sans laver, d’autres lavent sans sécher, d’autres lavent puis sèchent, d’autres passent pour voir, le tout dans une pièce de 4m². C’est à qui le tour ? Et pourquoi elle remet des pièces dans le sèche linge cette connasse ? Casse toi elle sont sèches tes culottes ! Et vous en avez pour longtemps ? Laissez moi passer mes fringues sont les plus sales c’est une urgence ! La tension est à son comble dans la file d’attente, mais c’est l’occasion de socialiser un peu et d’échanger quelques tuyaux. Ça prendra au moins trois heures cette histoire, avec un arrêt technique au milieu, suivi d’un intervention de Ben, spécialiste des IHML (interfaces homme-machine à laver).
Demain, lever 6h pour prendre le bus, direction Eldgjá.
Les photos du jour :
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