L’arrivée
Reykjavik, le 7 aout 2010

  • 0 km

Arrivée avec Philippe en train au terminal 2 de Charles de Gaulle. On prend le mini-métro (le « CDGVal », ils ont du s’y mettre à 7 ingénieurs pour trouver un nom aussi poétique) vers le terminal 1. Il n’y a que quatre stations en tout, on gère le stress pour ne pas se perdre.
Arrivée au terminal 1. J’ai un message de Ben qui nous dit qu’il est arrivé et qu’il nous attend. Donc, on entreprend de faire le tour du terminal 1. On marche. 5 minutes. 10 minutes. 1/4 d’heure. Au bout d’un moment, je me dis que le comptoir que Quatar airlines, ça fait trois fois que je le vois. Oui,  nous avons fait trois fois le tour de l’aérogare avant de nous rendre compte que l’on… tournait en rond.
Les dernières illusions sur la possibilité d’avoir un quotient intellectuel à trois chiffres sont immédiatement dissipées. Mais tout de même, problème : où est Ben ? L’aérogare est quasi désert(e), et on a fait trois tours sans attrapper le moindre Ben.
Ah mais oui, il y a un étage en dessous… comme quoi, après une désillusion, on peut encore tomber plus bas. Question QI là, on devait à peine rivaliser avec un poulpe atteint de la Creutzfeldt-Jakob.

Donc c’est reparti pour faire des tours (enfin un tour, on est pas à ce point quand même) au niveau inférieur afin de trouver le belge/beau-frère/sportif de l’équipe, le magicien de la bidouille, vous l’avez reconnu : Ben.

Et il faut croire que le bougre nous attendait avec impatience. Il ronflait à poings fermés quand nous l’avons trouvé, avachi sur les fauteuils de l’aérogare.

Ben, trépignant d'impatience

Ben, trépignant d'impatience

On le réveille, il ouvre les yeux, nous regarde et se rendort. Visiblement, notre arrivée lui fait un effet boeuf. Après quelques secousses de magnitude 8, il daigne enfin se mettre en position verticale.

A table. Philippe a préparé les sandwiches, Ben a amené les bières, et moi et bien… rien, je profite du banquet. Les discussions vont bon train sur le sac de Ben. Il a peu de nourriture et nous commençons déja avec Philippe à établir les cours de bourse des aliments que nous allons lui vendre pendant le trek (une soupe, ok, mais tu portes la tente pendant deux jours).

Rien de tel qu'une bonne bière pour réveiller un Belge assoupi

Rien de tel qu'une bonne bière pour réveiller un Belge assoupi

Lors des 500 miles du terminal 1 évoqués ci-dessus, j’avais rencontré « l’homme du briquet ». Le revoila, mais maintenant je sais m’y prendre avec lui, et ça surprend un peu Philippe.
Mais qui est l’homme au briquet ? En fait, c’est un type, bien à l’ouest, habillé plutôt dans la collection printemps-été femmes, qui tourne dans le terminal 1 et qui, visiblement peu interpellé par la loi Evin, me demande du feu dans l’aérogare. Mais c’est là que ça se complique avec lui. En effet, on ne peut pas lui donner le briquet directement, il faut le poser au sol pour qu’il le prenne parce qu’il refuse de le prendre dans la main. Bon c’est un peu particulier, mais pourquoi pas. En tout cas, ca nous permet de ne pas avoir la médaille d’or du nombre de tours dans le terminal 1.

Après avoir fait bombance (oui, avec un seul sandwich de Philippe on pourrait ouvrir une buvette de TGV), on déploie les matelas par terre, et on passe la nuit entre deux SDF, en espérant ne pas être réveillés par Brice Hortefeux et jetés de force dans un avion pour le Mali.

Bien que l’on ait 8 heures d’avance sur l’avion, on se débrouille d’être à la bourre pour l’enregistrement. Premier enseignement : l’Islande, c’est touristique. Il y a pas mal de monde, plein de sacs à dos, quelques personnes (que nous reverrons en Islande) avec des vélos. Donc c’est maintenant sûr, nous ne serons pas tout seuls.

La dinde au comptoir d’enregistrement s’emmele les pinceaux et met la grouille dans les bagages. En plus elle déchire mon billet électronique et le met à la poubelle. Je ne percute pas sur le coup, mais deux jour plus tard, j’aurais quand même un coup de stress en me disant que je n’ai plus rien pour le retour (par chance, Philippe aura un double).

La dinde du comptoir d'enregistrement

La dinde du comptoir d'enregistrement

Arrivée à Keflavik. Température très clémente, 17°. On découvre enfin l’Islande quand l’avion descend sous la couche nuageuse. Petits cônes volcaniques, failles dans le sol. Le paysage est déja très particulier.

A Keflavik, on passe la nourriture sans problème malgré le chien qui renifle les bagages. Il n’est probablement pas dressé à repérer le lyophilisé. En tout cas, on est plutôt rassurés parce que l’on dépassait allègrement la limite des 3kg par personne.

Direction le terminal BSI (centre nerveux des bus du pays) par le « Flybus » après avoir fait la queue pour changer des Euros en Kronur.

Le terminal de bus BSI

Le terminal de bus BSI

Au BSI, on entrepose les bagages pour les récupérer 20 jours plus tard, on met le colis de nourriture à l’expédition pour Landmannalaugar et on part pour une balade au centre ville à pied. Passage devant Hallgrímskirkja, la fameuse église en forme de colonnes de basalte (mais en béton), et decente de la rue Laugavegur (le même nom que le premier trek que nous allons faire), artère principale du centre ville.

Hallgrímskirkja ("à vos souhaits" en Islandais)

Hallgrímskirkja ("à vos souhaits" en Islandais)

Histoire de vraiment se dépayser, nous optons pour un déjeuner au « Café de Paris ». Ben optera pour un steak de baleine. Non merci l’agneau ça ira pour moi. Dehors, il pleut à verse, ça donne le ton.

Le reste de l’après midi est consacré à la recherche d’une carte téléphonique 3G (il faudra aller à Kringlan, un centre commercial à 4 bornes pour ça) et au ravitaillement de nourriture, histoire de ne pas entamer nos chers lyophilisés de suite.

Mais pas de bol, on vient une fois dans notre vie à Reykjavik, et on tombre le jour de la gay pride. On aurait dû se douter que quelque chose, même les hôtesses de l’office de tourisme avaient un Tee-shirt « Gay Pride Reykjavik », mais bon, à ce moment là je m’imaginais surtout les secrétaires de la mairie de Saint Laurent avec le même tee-shirt et le maire défilant sur un char avec un boa rose mais non, vraiment là ça ne collait pas.
Bref, la circulation, bien que pietonne, est quasi impossible. Il faut dire que l’artère de la rue principale de Reykjavik ressemble plus à un chemin vicinal qu’à une autoroute, et vu la foule, se frayer un passage relevait du chemin de croix.
On a quand même réussi à trouver notre magasin « Bonus » (celui avec l’enseigne au cochon rose qui à l’air content sûrement parce qu’il ne sait pas que ses congénères sont à l’intérieur sous forme de salami). Puis ce sont donc les 2×4 bornes à pied pour acheter la carte téléphonique qui nous permettra de vous tenir (un peu) au courant de nos pérégrinations. Oui, culpabilisez, les premiers kilomètres sont pour vous. Bon, ça nous permettra aussi d’appeller nos femmes, et rien que pour ça cela en valait la peine.

Au BSI, on récupère nos sacs à dos pour grimper dans le bus direction Skogar. C’est parti pour 3h de trajet.

Depuis ce matin, il fait gris, et j’ai l’impression que c’est le soir. Reykjavik est plutôt mignon et bariolé (surtout aujourd’hui), mais dès que l’on sort de la « vieille » ville, c’est assez môche. Banlieue étalée, morte et sans âme. Un peu comme chez nous, mais sans les barres d’immeubles. C’est déja ça.

Petit arrêt devant Seljandsfoss. La foule de touristes descend sous la pluie, clic-clac la photo et remonte dans le bus. Un grand classique Islandais, que l’on revivra devant l’Hekla. On est pas bien différent des autres dans ces cas là et on fait pareil.

Vingt minutes plus tard, arrivée au camping de Skogar, quasiment sous la cascade (merci les boules quiès). L’eau de Skogafoss est brune, chargée de cendres
volcaniques (on est à 15 km au Sud-Est du volcan, zone martyr pour les retombées de cendres).

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Le warden (warden : homme/femme qui garde le camping/refuge), un peu blasé, se tient dans son 4×4, le coude à la portière, en attendant que les campeurs sous la pluie passent payer.

Nous prenons le repas à coté d’un couple Austro-Suisse, pas très causant ce soir là, mais qui seront bien plus sympas plus tard (nous reverrons plusieurs fois, comme pas mal de monde d’ailleurs).
Pendant le repas, premier incident grave : Ben subit une attaque de Skyr (le fromage blanc Islandais) en pleine poitrine. Malgré une réaction rapide, il ne peut esquiver l’attaque. Dès le premier soir, mon camarade de chambre est sale. Déprime.

Les photos du jour :