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Jours 17-18 : Reykjavik (23-24 août) – Saint Laurent (25 août)

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Le retour
Saint Laurent, le 25 août 2010

6h. La sonnerie de Ben retentit 1 heure trop tôt. Tant pis, je me mets à la corvée de petit déjeuner et fais chauffer l’eau. Pendant le repas, je leur annonce que je ne viendrais pas avec eux voir les baleines. C’était prévu, mais je préfère l’annoncer au dernier moment pour ne pas perturber leurs plans. Et c’est trop tard, je me suis déjà occupé de leur planning et de la réservation pour enfoncer le clou.

Je prends mes affaires direction la piscine. Je profite de la douche brulante qui pour une fois, coule sans que l’on ait à mettre la main au porte monnaie. L’entrée coûte 360 ISK (un peu plus de 2€), et pour ce prix, vous avez l’eau à volonté, la piscine et ses multiples bains chauds, le savon et même le sèche maillot magique : on met le maillot dans une boite et 10 secondes plus tard, il ressort sec ! Encore plus impressionnant que le sèche mains de Skaftafell.

La piscine près du camping, gardée par une mouette

En sortant des bains (38°, 40°, 42°, 44° !), on est vraiment réchauffé malgré les 7° ambiants. Je prends le bus pour Hlemmur pour aller faire une petite balade dans Reykjavik.

Je fais un repérage au magasin des « Tricoteuses Islandaises« . Il va falloir assurer pour ramener un pull de la bonne taille à Virginie… Trog rand, c’est une insulte. Trop petit, c’est de la goujaterie. Faudra viser juste, l’exercice s’annonce difficile.

Retour au Café de Paris, celui du premier jour, mais en terrasse cette fois, en face de l’Alþingi (le parlement Islandais), oeuf bacon, café, arrosé par un petit rayon de soleil… Fjallabak est déja loin.

Le parlement islandais, l'Alþingi

Je prends ensuite la direction du port pour retrouver mes deux pécheurs de baleines. Ils reviennent sans avoir vu le moindre cétacé. Ça sent l’attrape gogo cette histoire quand même, je crois que j’ai bien fait de faire l’impasse. Ben et Philippe recevront tout de même deux billets gratuits pour revenir le lendemain.

Sur le port

Après une pause hot-dog (forcément, le grand large a creusé Ben), opération shopping. Panoplie complète de la parfaite islandaise pour Virginie : gants, écharpe bonnet et pull. Un bonnet et un macareux en peluche pour Margaux. Pour les garçons, je ne suis pas inspiré et ce sera un peu plus compliqué. Je finirais par leur trouver des livres (dont un an anglais, courage Corentin !).

Ben s'improvise "Tricoteuse Islandaise"

Retour au camping, et retour (à trois cette fois) à la piscine, bien plus peuplée que ce matin ou seuls quelques anciens dérouillaient leur arthrose. La prime de l’après midi, c’est le hammam que je n’avais pas vu ce matin.
On se trempe dans les bains à 42°, on sort se faire sécher au soleil, on recommence… trop dur l’Islande.

Nous aurons la compagnie d’un couple de voisins bretons le soir, pour le repas, pris dans l’herbe entre deux tentes. Ils ont fêté leur non-mariage et à cette occasion leurs amis leur ont offert 10 jours en Islande… sympa.

Nuit pourrie. La tente est plantée en dévers et j’ai du livrer un combat permanent et perdu d’avance contre la gravité.

Au réveil, Philippe est déja parti pour sa séance de rattrapage baleines. Il va faire beau, Ben et moi décidons d’aller prendre le petit dèj au Café de Paris (on ne se refait pas…) et piquons un sprint pour attraper le bus sous peine de devoir attendre le prochain qui ne passe que dans 30 minutes. Depuis que les bretons ont fait des oeufs au bacon avant hier, je vais passer mes envies irrésistibles dans ce café qui peut les remercier.

Cette journée ressemble en tout point à celle d’hier : oeuf bacon au café de Paris, marche jusqu’au port, shopping, mais avec en plus, cette fois un restau « portugais » au milieu (nom politiquement correct pour dire restau rapide de poulet) et encore un passage au café de Paris…

Les serveurs du café de Paris tuent un peu le temps en jouant à la marelle
La Kilkenny, c'est quand même autre chose que la Viking, parole de Belge
Rasés de près et en plein effort

Retour au camping, pliage de tentes. ben recharge son téléphone aux sanitaires pour avoir « la quatrième barre ». Ce sera la barre de trop : à son retour, plus de téléphone. Faut quand même être un peu con pour voler un téléphone cassé (la vitre était fendue en deux), quand on en voit trainer des dizaines en bon état.
On essaye de téléphoner, mais on entend pas la sonnerie retentir. Bref, petit moment de flottement, Ben cherche une cabine et arrive à faire opposition sur sa SIM en un temps record.

Nous partons vers le point de rendez-vous pour le Blue Lagoon, ou un bus doit nous déposer pour faire une pause avant l’aéroport. Un premier bus arrive. Il nous dit qu’il ne nous prend pas et qu’un autre bus va passer nous prendre. Un minibus arrive effectivement 15 minutes plus tard. Il a 10 places, nous sommes 14… ça me rappelle un peu l’organisation à l’Israelienne.

Il appelle un troisième bus qui arrive 10 minutes plus tard.

Des passagers sont transférés du gros bus dans le minibus et nous embarquons à leur place. Après une dizaine d’arrêts pour charger d’autres voyageurs et 3/4 d’heure de route, nous arrivons enfin au Blue Lagoon.

Blue Lagoon
Ben teste la bière du Blue Lagoon
Blue Lagoon. Nous avons respecté le protocole consistant à se tartiner de je ne sais quoi pour avoir une peau plus douce

Finalement, à part le bar dans l’eau, c’est assez décevant. Nous sommes d’accord tous les trois pour dire qu’un simple Strutslaug est bien plus agréable, et que la piscine près du camping est deux fois mieux (rien que pour le sèche maillot).

Retour devant le BlueLagoon pour attendre le « NetBus » pour l’aéroport de Kéflavik.

L’Islande nous gratifie d’un somptueux coucher de soleil derrière un cône volcanique, pendant que la lune prend le relais en face. En ce moment, grâce à la latitude de l’Islande, le coucher de soleil prend son temps, et nous avons tout le trajet jusqu’à Keflavik pour en profiter.

Coucher de soleil volcanique
Kéflavik

A Kéflavik, nous patientons devant une dernière « Viking », la bière locale, avant de passer au très pratique « self check_in » (sans dinde, une particularité réservée à la France semble-t’il).

L'attente dans l'aéroport nuit gravement à la santé

Décollage. Impossible de dormir plus d’une heure dans l’avion. Chares de Gaulle, CDGVal, train, bus… à midi je suis à Lyon. Il fait beau, il fait chaud. Dans trois heures, je retrouve Virginie, la pépette et demain les garçons. Pour l’Islande, il faudra attendre un an.

Les photos :

Jour 1 : Lyon – Paris – Reykjavik – Skogar (6-7 août)

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L’arrivée
Reykjavik, le 7 aout 2010

  • 0 km

Arrivée avec Philippe en train au terminal 2 de Charles de Gaulle. On prend le mini-métro (le « CDGVal », ils ont du s’y mettre à 7 ingénieurs pour trouver un nom aussi poétique) vers le terminal 1. Il n’y a que quatre stations en tout, on gère le stress pour ne pas se perdre.
Arrivée au terminal 1. J’ai un message de Ben qui nous dit qu’il est arrivé et qu’il nous attend. Donc, on entreprend de faire le tour du terminal 1. On marche. 5 minutes. 10 minutes. 1/4 d’heure. Au bout d’un moment, je me dis que le comptoir que Quatar airlines, ça fait trois fois que je le vois. Oui,  nous avons fait trois fois le tour de l’aérogare avant de nous rendre compte que l’on… tournait en rond.
Les dernières illusions sur la possibilité d’avoir un quotient intellectuel à trois chiffres sont immédiatement dissipées. Mais tout de même, problème : où est Ben ? L’aérogare est quasi désert(e), et on a fait trois tours sans attrapper le moindre Ben.
Ah mais oui, il y a un étage en dessous… comme quoi, après une désillusion, on peut encore tomber plus bas. Question QI là, on devait à peine rivaliser avec un poulpe atteint de la Creutzfeldt-Jakob.

Donc c’est reparti pour faire des tours (enfin un tour, on est pas à ce point quand même) au niveau inférieur afin de trouver le belge/beau-frère/sportif de l’équipe, le magicien de la bidouille, vous l’avez reconnu : Ben.

Et il faut croire que le bougre nous attendait avec impatience. Il ronflait à poings fermés quand nous l’avons trouvé, avachi sur les fauteuils de l’aérogare.

Ben, trépignant d'impatience

Ben, trépignant d'impatience

On le réveille, il ouvre les yeux, nous regarde et se rendort. Visiblement, notre arrivée lui fait un effet boeuf. Après quelques secousses de magnitude 8, il daigne enfin se mettre en position verticale.

A table. Philippe a préparé les sandwiches, Ben a amené les bières, et moi et bien… rien, je profite du banquet. Les discussions vont bon train sur le sac de Ben. Il a peu de nourriture et nous commençons déja avec Philippe à établir les cours de bourse des aliments que nous allons lui vendre pendant le trek (une soupe, ok, mais tu portes la tente pendant deux jours).

Rien de tel qu'une bonne bière pour réveiller un Belge assoupi

Rien de tel qu'une bonne bière pour réveiller un Belge assoupi

Lors des 500 miles du terminal 1 évoqués ci-dessus, j’avais rencontré « l’homme du briquet ». Le revoila, mais maintenant je sais m’y prendre avec lui, et ça surprend un peu Philippe.
Mais qui est l’homme au briquet ? En fait, c’est un type, bien à l’ouest, habillé plutôt dans la collection printemps-été femmes, qui tourne dans le terminal 1 et qui, visiblement peu interpellé par la loi Evin, me demande du feu dans l’aérogare. Mais c’est là que ça se complique avec lui. En effet, on ne peut pas lui donner le briquet directement, il faut le poser au sol pour qu’il le prenne parce qu’il refuse de le prendre dans la main. Bon c’est un peu particulier, mais pourquoi pas. En tout cas, ca nous permet de ne pas avoir la médaille d’or du nombre de tours dans le terminal 1.

Après avoir fait bombance (oui, avec un seul sandwich de Philippe on pourrait ouvrir une buvette de TGV), on déploie les matelas par terre, et on passe la nuit entre deux SDF, en espérant ne pas être réveillés par Brice Hortefeux et jetés de force dans un avion pour le Mali.

Bien que l’on ait 8 heures d’avance sur l’avion, on se débrouille d’être à la bourre pour l’enregistrement. Premier enseignement : l’Islande, c’est touristique. Il y a pas mal de monde, plein de sacs à dos, quelques personnes (que nous reverrons en Islande) avec des vélos. Donc c’est maintenant sûr, nous ne serons pas tout seuls.

La dinde au comptoir d’enregistrement s’emmele les pinceaux et met la grouille dans les bagages. En plus elle déchire mon billet électronique et le met à la poubelle. Je ne percute pas sur le coup, mais deux jour plus tard, j’aurais quand même un coup de stress en me disant que je n’ai plus rien pour le retour (par chance, Philippe aura un double).

La dinde du comptoir d'enregistrement

La dinde du comptoir d'enregistrement

Arrivée à Keflavik. Température très clémente, 17°. On découvre enfin l’Islande quand l’avion descend sous la couche nuageuse. Petits cônes volcaniques, failles dans le sol. Le paysage est déja très particulier.

A Keflavik, on passe la nourriture sans problème malgré le chien qui renifle les bagages. Il n’est probablement pas dressé à repérer le lyophilisé. En tout cas, on est plutôt rassurés parce que l’on dépassait allègrement la limite des 3kg par personne.

Direction le terminal BSI (centre nerveux des bus du pays) par le « Flybus » après avoir fait la queue pour changer des Euros en Kronur.

Le terminal de bus BSI

Le terminal de bus BSI

Au BSI, on entrepose les bagages pour les récupérer 20 jours plus tard, on met le colis de nourriture à l’expédition pour Landmannalaugar et on part pour une balade au centre ville à pied. Passage devant Hallgrímskirkja, la fameuse église en forme de colonnes de basalte (mais en béton), et decente de la rue Laugavegur (le même nom que le premier trek que nous allons faire), artère principale du centre ville.

Hallgrímskirkja ("à vos souhaits" en Islandais)

Hallgrímskirkja ("à vos souhaits" en Islandais)

Histoire de vraiment se dépayser, nous optons pour un déjeuner au « Café de Paris ». Ben optera pour un steak de baleine. Non merci l’agneau ça ira pour moi. Dehors, il pleut à verse, ça donne le ton.

Le reste de l’après midi est consacré à la recherche d’une carte téléphonique 3G (il faudra aller à Kringlan, un centre commercial à 4 bornes pour ça) et au ravitaillement de nourriture, histoire de ne pas entamer nos chers lyophilisés de suite.

Mais pas de bol, on vient une fois dans notre vie à Reykjavik, et on tombre le jour de la gay pride. On aurait dû se douter que quelque chose, même les hôtesses de l’office de tourisme avaient un Tee-shirt « Gay Pride Reykjavik », mais bon, à ce moment là je m’imaginais surtout les secrétaires de la mairie de Saint Laurent avec le même tee-shirt et le maire défilant sur un char avec un boa rose mais non, vraiment là ça ne collait pas.
Bref, la circulation, bien que pietonne, est quasi impossible. Il faut dire que l’artère de la rue principale de Reykjavik ressemble plus à un chemin vicinal qu’à une autoroute, et vu la foule, se frayer un passage relevait du chemin de croix.
On a quand même réussi à trouver notre magasin « Bonus » (celui avec l’enseigne au cochon rose qui à l’air content sûrement parce qu’il ne sait pas que ses congénères sont à l’intérieur sous forme de salami). Puis ce sont donc les 2×4 bornes à pied pour acheter la carte téléphonique qui nous permettra de vous tenir (un peu) au courant de nos pérégrinations. Oui, culpabilisez, les premiers kilomètres sont pour vous. Bon, ça nous permettra aussi d’appeller nos femmes, et rien que pour ça cela en valait la peine.

Au BSI, on récupère nos sacs à dos pour grimper dans le bus direction Skogar. C’est parti pour 3h de trajet.

Depuis ce matin, il fait gris, et j’ai l’impression que c’est le soir. Reykjavik est plutôt mignon et bariolé (surtout aujourd’hui), mais dès que l’on sort de la « vieille » ville, c’est assez môche. Banlieue étalée, morte et sans âme. Un peu comme chez nous, mais sans les barres d’immeubles. C’est déja ça.

Petit arrêt devant Seljandsfoss. La foule de touristes descend sous la pluie, clic-clac la photo et remonte dans le bus. Un grand classique Islandais, que l’on revivra devant l’Hekla. On est pas bien différent des autres dans ces cas là et on fait pareil.

Vingt minutes plus tard, arrivée au camping de Skogar, quasiment sous la cascade (merci les boules quiès). L’eau de Skogafoss est brune, chargée de cendres
volcaniques (on est à 15 km au Sud-Est du volcan, zone martyr pour les retombées de cendres).

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Le warden (warden : homme/femme qui garde le camping/refuge), un peu blasé, se tient dans son 4×4, le coude à la portière, en attendant que les campeurs sous la pluie passent payer.

Nous prenons le repas à coté d’un couple Austro-Suisse, pas très causant ce soir là, mais qui seront bien plus sympas plus tard (nous reverrons plusieurs fois, comme pas mal de monde d’ailleurs).
Pendant le repas, premier incident grave : Ben subit une attaque de Skyr (le fromage blanc Islandais) en pleine poitrine. Malgré une réaction rapide, il ne peut esquiver l’attaque. Dès le premier soir, mon camarade de chambre est sale. Déprime.

Les photos du jour :

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